Schéma Directeur Numérique (SDN)

Introduction

En 2010, l’Université de Strasbourg a été la première grande université française à se doter d’un Schéma Directeur Numérique (SDN). Celui-ci avait pour objectif le développement des stratégies et des services numériques de l’établissement pour l’accompagner dans la réalisation de ses missions fondamentales.

La démarche universitaire est un appel permanent à dépasser les frontières pour créer de nouveaux savoirs et savoir-faire que l’établissement doit ensuite valoriser et transmettre. Cette démarche, dans laquelle l’université puise et affirme son identité, requiert des innovations permanentes et notamment un développement de technologies qui permettent de repousser les limites du possible. Ce fut le cas en particulier avec les dispositifs numériques qui ont ouvert de nouveaux champs d’investigation initialement inenvisageables. Si bien sûr la puissance de calcul et les performances des machines ont augmenté de façon quasi exponentielle depuis les équipements pionniers, il en est de même des capacités de stockage et des possibilités d’échanges et de transferts de l’information par le réseau mondial Internet. De ce point de vue, le numérique a considérablement modifié le rapport de l’homme à la connaissance : les données du savoir sont potentiellement accessibles à tout un chacun et ce de façon permanente.

Cependant, au cours des dernières années, une véritable transformation numérique beaucoup plus profonde s’est mise en place : les outils numériques ne sont plus le simple prolongement machine de la capacité de l’homme à étendre sa mémoire ou sa capacité de calcul, ils sont devenus omniprésents dans la majorité des métiers exercés dans les établissements universitaires. Les processus organisationnels de nombreuses activités sont modifiés par la dématérialisation des données, le travail collaboratif induit une nouvelle dimension spatio-temporelle dans les relations de travail, les réseaux sociaux et professionnels ont fait émerger une culture numérique que chacun doit gérer tant personnellement que professionnellement.

Cette transformation numérique est un enjeu important pour nos établissements car sa rapidité et son ampleur risquent de conduire les usagers à se sentir isolés dans un monde dont les changements peuvent déstabiliser. Parallèlement, les avancées technologiques qui sous-tendent les services numériques ont considérablement étendu le champ des possibles, et assez logiquement, le nombre de projets portés par l’établissement a fortement augmenté sur la période 2010-2016. À l’Unistra, ce sont donc en 2017 plus de 180 projets envisagés. Si bien sûr chaque projet a son existence propre, ils viennent tous s’articuler sur un système d’information qui peut, selon la stratégie développée, soit se développer de façon exponentielle et désorganisée, soit se développer de façon coordonnée. Nous voyons bien que sous ces deux angles, la définition d’une stratégie d’établissement en matière de numérique est essentielle pour maintenir une cohésion humaine autour de la transformation numérique mais également une cohérence fonctionnelle au sein des systèmes d’information.

Pour que la stratégie numérique de l’Unistra soit en phase avec les défis et les missions de l’enseignement supérieur et de la recherche, nous devons la gérer avec les exigences classiques de la démarche scientifique qui caractérise l’identité universitaire. Sa spécificité est avant tout de questionner les réalités de façon contextualisée et de répondre à ces questions par une démarche organisée et validée. Dans cet esprit, c’est l’approche réflexive sur les pratiques et services numériques qui nous permettra de leur donner toute leur puissance pour développer la recherche, l’enseignement et la valorisation des savoirs ; l’objectif étant d’encadrer et de stimuler leur déploiement tout en garantissant la fiabilité et la pertinence des données ainsi que le développement des infrastructures sous-jacentes.